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L’accompagnement des communes au cœur de la lutte contre les espèces invasives végétales dans le bassin versant de l’Elorn

Page mise à jour le 24/10/2016

Formations espèces invasives SBE Elorn
La lutte contre les espèces invasives végétales figure dans le SAGE de l’Elorn (Bretagne), avec la réalisation d’un inventaire régulier des espèces sur le territoire et une mobilisation des acteurs. Le Syndicat de Bassin de l'Elorn, structure porteuse du SAGE, est en charge des actions à mener. Connaissance du terrain, sensibilisation, animation de réseau et appui aux plans de gestion sont les principaux axes de la stratégie en cours.

 

Disposer d’un inventaire actualisé des espèces invasives est indispensable pour établir un état des lieux et évaluer l’évolution de la situation sur le territoire. Surveiller l’apparition des espèces sur une zone permet d’agir avant qu’elles ne se propagent : les interventions sont beaucoup moins lourdes et plus efficaces.  

Le Syndicat de bassin de l’Elorn gère une base de données alimentée à partir d’études, d’observations de l’équipe du Syndicat de bassin, des services techniques des communes concernées ou des particuliers. Ces données sont notamment utilisées sous forme de cartes qui servent à l’élaboration et la mise en œuvre de plans de gestions.

Des cartes IGN A2 et des punaises de couleurs sont remises aux services techniques qui font régulièrement des retours sur la présence des espèces et les zones de stockage de déchets favorables à leur prolifération. Deux prestataires, le Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement de l’Elorn et Bretagne Vivante, effectuent des visites annuelles pour préciser les données transmises par les communes.

Les espèces les plus problématiques sont la renouée à épis nombreux (photo) et la renouée du Japon (photo). Leur population a fortement augmenté et si l’on sait comment limiter leur propagation, leur éradication est un vrai défi. Une expérimentation sur le sujet est en cours avec Brest Métropole. 

Les renouées posent des problèmes de sécurité routière car elles s’étalent parfois sur les voies. De plus différents facteurs facilitent leur colonisation. Si elles poussent sur une berge, les rhizomes peuvent être disséminés vers l’aval et, lors de l’entretien du bord des routes, des bouts de rhizomes peuvent être bloqués dans les pareuses, puis contaminer de nouvelles zones. D’où l’importance d’accompagner les communes et d’optimiser l’intervention des services techniques. Le temps qui y est consacré s’avère un bon investissement sur le long terme.

D’autres espèces existent sur le bassin :

- le rhododendron (photo) et le laurier palme (photo), ils ne sont pas perçus comme des espèces invasives par les particuliers qui les apprécient en plantes d’ornement ;

- l’herbe de la pampa (photo) ;

- la balsamine de l’Himalaya (photo) qui est facile à arracher, mais dont la propagation est favorisée sur les bords des cours d’eau par le transport de ses graines.

Pour l’instant le myriophylle du Brésil (photo) et la jussie (photo) sont peu présents. Il en est de même pour le séneçon du cap qu’il faut cependant surveiller car il a un fort pouvoir de colonisation. Une formation à la reconnaissance de cette espèce a été proposée aux services techniques de Brest Métropole.

Les services techniques des communes sont en première ligne dans la lutte contre les espèces invasives. Depuis 2013, le Syndicat de bassin organise des journées de formations (photos) à destination des agents pour les aider à reconnaître les espèces et leur présenter des retours d’expériences ou les stratégies adoptées. Ce sont également des moments d’échanges autour de leur perception des espèces invasives et leurs besoins sur le terrain.

Les services techniques sont tributaires d’entreprises locales : travaux agricoles, BTP, paysagers... Ces entreprises ont été sensibilisées à la reconnaissance et aux bons gestes, comme par exemple prendre garde au matériel contaminé ou au déplacement de terre lors du curage des fossés. Un groupe de travail composé des représentants des services techniques des communes, des entreprises locales et des agents techniques et administratifs du département, a été créé. Il travaille en particulier sur la rédaction d’un cahier des charges annexé aux consultations pour les marchés publics avec les préconisations pour limiter la prolifération des espèces invasives. Ce cahier des charges mentionnera notamment des exigences en termes de traçabilité de matériel et de terre. 

 

Il est fondamental d’intégrer les élus aux démarches. Ils ont aussi bénéficié d’une formation à la reconnaissance des espèces. L’ampleur de la tâche à accomplir peut les décourager, c’est pourquoi le Syndicat de bassin les accompagne dans la réalisation de plans de gestion.

Actuellement, sept communes du bassin de l’Elorn ont des plans de gestion en cours. Les plans de gestions guident leurs actions, ciblent les interventions prioritaires et les échelonnent dans le temps. 

Les secteurs prioritaires sont :

- les zones où la biodiversité est menacée ;

- les zones où les communes ont déjà prévu d’intervenir pour des raisons de sécurité routière et où il y a des risques de propagation des espèces si des précautions ne sont pas prises ;

- les zones où les renouées commencent juste à apparaître.

Trois plans s’intéressent à la totalité des espèces, quatre sont orientés suivant des thématiques : stockage des déchets, cimetières, balsamine de l’Himalaya, gestion de pâturage de chèvres. D’ici 2016, les sept plans de gestion devraient être opérationnels. 

Le syndicat de bassin cible aussi les habitants à l’aide de diverses actions :

- conception de supports de communications (affiche, fiches techniques, guide//liens//) créés en collaboration avec les services techniques ;

- diffusion d’information dans les bulletins communaux, en particulier au sujet du problème de déchets végétaux ;

- sensibilisation lors de manifestations publiques comme des bourses de plantes pour limiter les échanges et informer sur les enjeux ;

- partenariat avec la Maison de l’Agriculture Biologique à travers des formations pour les jardiniers, une sensibilisation des vendeurs et un relai d’informations auprès du public.

Le rôle du Syndicat de bassin

- il fédère les actions de lutte, impulse la dynamique et maintient la synergie ;

- il sensibilise les acteurs ;

- il accompagne les communes ;

- il favorise les échanges entre les acteurs et joue un rôle d’animation de réseau ;

- il valorise leur travail ;

- il s’occupe de la coordination avec les prestataires ;

- il communique auprès des différents publics.

Le Syndicat de bassin de l’Elorn travaille en partenariat avec Brest Métropole qui est en charge de l’aval du bassin versant, et avec le Parc Naturel régional d’Armorique. Cependant, il n’existe pas de stratégie à l’échelle régionale et les méthodes utilisées ne sont pas toujours généralisables et reproductibles.

Au niveau national, le Syndicat de bassin de l’Elorn fait partie de l’association Tela Botanica, réseau des botanistes francophones, qui est une plateforme nationale de sciences participatives. Elle anime un réseau sur les espèces invasives et met à disposition des outils et des données, ce qui permet de gagner en efficacité.

 



La lutte contre les espèces invasives végétales figure dans le SAGE de l’Elorn (Bretagne), avec la réalisation d’un inventaire régulier des espèces sur le territoire et une mobilisation des acteurs. Le Syndicat de Bassin de l'Elorn, structure porteuse du SAGE, est en charge des actions à mener. Connaissance du terrain, sensibilisation, animation de réseau et appui aux plans de gestion sont les principaux axes de la stratégie en cours. 


 


 


 


L’inventaire des espèces, une étape primordiale 


Disposer d’un inventaire actualisé des espèces invasives est indispensable pour établir un état des lieux et évaluer l’évolution de la situation sur le territoire. Surveiller l’apparition des espèces sur une zone permet d’agir avant qu’elles ne se propagent : les interventions sont beaucoup moins lourdes et plus efficaces.  Le Syndicat de bassin de l’Elorn gère une base de données alimentée à partir d’études, d’observations de l’équipe du Syndicat de bassin, des services techniques des communes concernées ou des particuliers. Ces données sont notamment utilisées sous forme de cartes qui servent à l’élaboration et la mise en œuvre de plans de gestions. Des cartes IGN de format A2 et des punaises de couleurs sont remises aux services techniques, qui font régulièrement des retours sur la présence des espèces et les zones de stockage de déchets favorables à leur prolifération. Deux prestataires, le Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement de l’Elorn et Bretagne Vivante, effectuent des visites annuelles pour préciser les données transmises par les communes.



 


 


Quelles sont les espèces envahissantes présentes sur le bassin de l’Elorn ? 



Les espèces les plus problématiques sont la renouée à épis nombreux et la renouée du Japon. Leur population a fortement augmenté et si l’on sait comment limiter leur propagation, leur éradication est un vrai défi. Une expérimentation sur le sujet est en cours avec Brest Métropole. Les renouées posent des problèmes de sécurité routière car elles s’étalent parfois sur les voies. De plus différents facteurs facilitent leur colonisation. Si elles poussent sur une berge, les rhizomes peuvent être disséminés vers l’aval et, lors de l’entretien du bord des routes, des bouts de rhizomes peuvent être bloqués dans les pareuses, puis contaminer de nouvelles zones. D’où l’importance d’accompagner les communes et d’optimiser l’intervention des services techniques. Le temps qui y est consacré s’avère un bon investissement sur le long terme.

 



D’autres espèces existent sur le bassin :



  • le rhododendron et le laurier palme, ils ne sont pas perçus comme des espèces invasives par les particuliers qui les apprécient en plantes d’ornement ;

  • l’herbe de la pampa;

  • la balsamine de l’Himalaya qui est facile à arracher, mais dont la propagation est favorisée sur les bords des cours d’eau par le transport de ses graines.


Pour l’instant le myriophylle du Brésil et la jussie sont peu présents. Il en est de même pour le séneçon du cap qu’il faut cependant surveiller car il a un fort pouvoir de colonisation. Une formation à la reconnaissance de cette espèce a été proposée aux services techniques de Brest Métropole.


  


 


Impliquer les acteurs concernés 



Les services techniques des communes sont en première ligne dans la lutte contre les espèces invasives. Depuis 2013, le Syndicat de bassin organise des journées de formations à destination des agents pour les aider à reconnaître les espèces et leur présenter des retours d’expériences ou les stratégies adoptées. Ce sont également des moments d’échanges autour de leur perception des espèces invasives et leurs besoins sur le terrain.



Les services techniques sont tributaires d’entreprises locales : travaux agricoles, BTP, paysagers... Ces entreprises ont été sensibilisées à la reconnaissance et aux bons gestes, comme par exemple prendre garde au matériel contaminé ou au déplacement de terre lors du curage des fossés. Un groupe de travail composé des représentants des services techniques des communes, des entreprises locales et des agents techniques et administratifs du département, a été créé. Il a travaillé en particulier sur la rédaction d’un cahier des charges annexé aux consultations pour les marchés publics avec les préconisations pour limiter la prolifération des espèces invasives. Ce cahier des charges mentionne notamment des exigences en termes de traçabilité de matériel et de terre. Il est fondamental d’intégrer les élus aux démarches. Ils ont aussi bénéficié d’une formation à la reconnaissance des espèces. L’ampleur de la tâche à accomplir peut les décourager, c’est pourquoi le Syndicat de bassin les accompagne dans la réalisation de plans de gestion.


 


Mise en place de plan de gestions dans les communes volontaires


Actuellement, sept communes du bassin de l’Elorn ont des plans de gestion en cours. Les plans de gestions guident leurs actions, ciblent les interventions prioritaires et les échelonnent dans le temps. 


 


Les secteurs prioritaires sont :



  • les zones où la biodiversité est menacée ;

  • les zones où les communes ont déjà prévu d’intervenir pour des raisons de sécurité routière et où il y a des risques de propagation des espèces si des précautions ne sont pas prises ;

  • les zones où les renouées commencent juste à apparaître.


 


Trois plans s’intéressent à la totalité des espèces, quatre sont orientés suivant des thématiques : stockage des déchets, cimetières, balsamine de l’Himalaya, gestion de pâturage de chèvres. D’ici fin 2016, les sept plans de gestion devraient être opérationnels. 


 


Sensibiliser le public 


Le syndicat de bassin cible aussi les habitants à l’aide de diverses actions :



  • conception de supports de communications (affiche, fiches techniques, guide...) créés en collaboration avec les services techniques ;

  • diffusion d’information dans les bulletins communaux, en particulier au sujet du problème de déchets végétaux ;

  • sensibilisation lors de manifestations publiques comme des bourses de plantes pour limiter les échanges et informer sur les enjeux ;

  • partenariat avec la Maison de l’Agriculture Biologique à travers des formations pour les jardiniers, une sensibilisation des vendeurs et un relai d’informations auprès du public.










 
Le rôle du Syndicat de bassin de l'Elorn


  • il fédère les actions de lutte, impulse la dynamique et maintient la synergie ;

  • il sensibilise les acteurs ;

  • il accompagne les communes ;

  • il favorise les échanges entre les acteurs et joue un rôle d’animation de réseau ;

  • il valorise leur travail ;

  • il s’occupe de la coordination avec les prestataires ;

  • il communique auprès des différents publics.




 


Dépasser le cadre local 


Le Syndicat de bassin de l’Elorn travaille en partenariat avec Brest Métropole qui est en charge de l’aval du bassin versant, et avec le Parc Naturel régional d’Armorique. Cependant, il n’existe pas de stratégie à l’échelle régionale et les méthodes utilisées ne sont pas toujours généralisables et reproductibles. Au niveau national, le Syndicat de bassin de l’Elorn fait partie de l’association Tela Botanica, réseau des botanistes francophones, qui est une plateforme nationale de sciences participatives. Elle anime un réseau sur les espèces invasives et met à disposition des outils et des données, ce qui permet de gagner en efficacité.


 

SAGE concernés
Thèmes
Espèces invasives
Périodes
-
Libellé de la structure à contacter
Syndicat de Bassin de l'Elorn
Localisation de la structure à contacter (commune)
Crédits image
Syndicat de Bassin de l'Elorn
Légende
Rapport de stage de Gwendal Breton, Université de Bretagne Occidentale, mai 2016