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Quels méthodes et outils de connaissance des continuités écologiques ?

Page mise à jour le 26/07/2017



Cette présentation a été réalisée dans le cadre du séminaire national schémas d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) et trame verte et bleue (TVB) qui a eu lieu les 6 et 7 juin 2016 à Montpellier. Il a été organisé par le Ministère chargé de l’environnement, l'Office international de l'eau (OIEau) et l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema) devenu l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB), avec l'appui du groupe de travail national SAGE, des Agences de l'eau, de l'Atelier technique des espaces naturels (Aten), maintenant intégré à l’AFB, ainsi que des autres membres du centre de ressources trame verte et bleue.




Présentation - Karl KREUZENBERGER, Office national de l’eau et des milieux aquatiques


Animation - Jennifer AMSALLEM, Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture


Les méthodes et outils de connaissance des continuités écologiques


Maintenir ou restaurer un réseau d'espaces favorables et diversifiés pour que les espèces animales et végétales puissent s'adapter aux changements et assurer leurs besoins vitaux est un défi de premier ordre pour la biodiversité. Le SAGE et la TVB sont des outils de gouvernance aux objectifs communs de restauration des continuités écologiques. Ils placent notamment la cohérence spatiale et écologique au cœur de la planification territoriale.


Différentes méthodes et divers outils de diagnostic sont aujourd’hui développés pour la connaissance, l’évaluation et le suivi des problématiques de continuités écologiques. Les besoins de connaissance concernent les habitats présents et disponibles, leur connectivité spatiale au regard de diverses espèces et la fonctionnalité de l’agencement des habitats au regard des besoins des peuplements et populations animales ou végétales.


Ceci implique la collecte de données brutes et leur exploitation, notamment pour développer des indicateurs. Chaque méthode ou outil est jusqu’ici développé afin de répondre à un ou des enjeux, pour une échelle d’analyse (bassin versant, sous-bassin, tronçon, etc.), une robustesse et une gouvernance (région, comité de bassin, CLE, etc.) données.


Pour assurer la cohérence de la mise en œuvre des outils que sont les SAGE et la TVB, il convient d’identifier les principaux enjeux de connaissance, en termes de données, méthodes et outils, menant à la cartographie des continuités écologiques humides et aquatiques, à la connaissance de leur fonctionnement et fonctionnalités et des pressions qui s’exercent sur elles. Cela peut permettre de dégager les actions cohérentes de préservation et de restauration à mettre en œuvre sur l’ensemble d’un territoire prenant en compte les usages, contraintes et moyens disponibles.


Voir/Télécharger la présentation


Restitution - Antoine LOMBARD, Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer


Les pressions existantes et les outils apportés


Dans un premier temps, l’atelier s’est attaché à analyser les connaissances et outils disponibles en ce qui concerne les pressions, puis les connaissances concernant l’état des milieux et leur utilisation.


Les pressions sont très similaires dans trois catégories : cours d’eau, zones humides et trame verte. Les pressions principales sont liées aux problématiques d’agriculture, urbanisme, infrastructures, obstacles, espèces exotiques envahissantes, changement climatique et utilisation des ressources. Les interactions entre ces pressions sont fortes. Il est difficile de différencier leurs impacts respectifs et de déterminer quelle pression va être prépondérante, même s’il existe des outils de connaissance et de suivi de ces dernières. Concernant les cours d’eau et les zones humides, des outils permettent de suivre et recenser les pressions et alimentent des bases de données mises en place depuis longtemps. Pour les cours d’eau, la structuration est donc plus ancienne, le plus souvent en lien avec la réglementation existante. L’identification des pressions est plus limitée et plus complexe à mettre en évidence au niveau des milieux terrestres et des zones humides.


S’agissant des connaissances sur l’état des milieux, celles-ci sont acquises à l’aide de nombreux outils structurés ou en cours de structuration. Pour les cours d’eau, des bases de données bien documentées existent. Sur les zones humides, des inventaires variés caractérisent les milieux humides ou les zones humides. Ils sont en cours d’élaboration car la démarche est encore récente. La caractérisation des zones humides fait appel à des modélisations ou encore à des connaissances pédologiques ; l’identification de la trame verte fait principalement appel à la connaissance de l’occupation du sol, notamment via le traitement des images satellitaires et des outils de modélisation.


En réponse aux pressions s’exerçant sur les continuités écologiques, la première approche a consisté à développer la réglementation et les outils de contractualisation : le dispositif « ERC », les documents d’objectifs dans le cadre de la démarche Natura 2000, la mise en place de mesures agro-environnementales, les politiques portant sur le foncier, etc. Ces politiques stimulent parfois le besoin de mettre en place des outils de connaissance structurés afin d’en assurer un suivi. Des éléments de réponse font appel à des outils communs et d’autres spécifiques à chaque type de milieux qui correspondent à des politiques sectorielles : programme de mesure (SDAGE), PAGD, PPRI, SRCE, etc.


Les connaissances disponibles et leur restitution aux acteurs


La seconde approche est basée sur la connaissance, son traitement puis sa restitution. Aujourd’hui demeurent des facteurs limitants (protocole inadaptés, manque de durée dans les suivis ou une vision à trop court terme). Par exemple, après la restauration d’un cours d’eau, une période d’attente de dix années est nécessaire avant de voir comment le cours d’eau va réagir et comment son fonctionnement va se remettre en place.


Il y a un réel besoin de méthodologies communes, partagées et standardisées, qui souvent sont lacunaires dans des domaines spécifiques (cours d’eau, zones humides, trame verte). Concernant la TVB, des travaux commencent à émerger autour de la fonctionnalité des milieux, comme celle des corridors. Dans le domaine de la biodiversité terrestre, la démarche est encore récente mais elle est plus aboutie au niveau des cours d’eau (recul plus important et références plus solides).


La mise en place des programmes se fait à l’échelle des bassins versants dans le domaine de l’eau et à des échelles plutôt administratives pour les autres politiques. Il ne faut pas seulement considérer l’échelle du programme mais aussi celle de la donnée utilisée ou produite (échelle de la maille, de la commune, points ou polygones précis). Cela conduit à des connaissances disparates et à une mise en cohérence difficile. En conséquence, la restitution de la donnée n’est généralement pas assez fine. En effet, si la donnée est recueillie selon différents degrés de précision, l’échantillonnage le moins précis est utilisé pour la restitution. Les acteurs sont souvent déçus de la qualité et de la finesse des données. Enfin, les données ne sont pas toujours adaptées ou présentées sous un angle qui répond aux attentes des partenaires. Par exemple, les élus ont besoin d’avoir des éléments précis pour leur programmation financière (par exemple, le coût de restauration d’un cours d’eau) ou autres éléments concrets.


Le partage de la connaissance est aussi difficile. L’accès au grand public reste un idéal. Si cela ne concerne pas un domaine que les acteurs maîtrisent, même avec les programmes de restitution de la connaissance (système d’information sur le paysage, portail eaufrance, etc.), ils ont beaucoup de mal à trouver les données. Les retours d’expérience sont, quant à eux, considérés comme difficiles d’accès, car diffusés sous forme de catalogues non structurés.


La modélisation est encore un domaine difficilement exploitable car de nombreuses questions se posent sur les résultats. Elle est plus avancée sur les cours d’eau. En termes de restitution, les indicateurs aident à appréhender les enjeux. Ils se développent à travers l’observatoire national de la biodiversité, les observatoires sur l’eau, etc. Cependant, les éléments ne répondent pas toujours aux questions à l’échelle d’un bassin versant ou d’un territoire administratif. Les données environnementales publiques sont libres d’accès, mais les leviers techniques ne sont pas encore optimisés. En outre, bien souvent, pour les acteurs, obtenir la donnée brute n’a pas vraiment de sens : il faut pouvoir l’analyser et l’interpréter dans son contexte.


En définitive, s’il reste encore beaucoup à faire pour organiser et structurer la connaissance, il faut rappeler que de nombreux programmes sont en cours et qu’ils permettront d’améliorer prochainement la situation.




Voir/Télécharger la présentation de l'atelier n°5 "Quels méthodes et outils de connaissance des continuités écologiques ?"



Thèmes
Continuité écologique
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Office national de l'eau et des milieux aquatiques ; Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture; Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer
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