Description
L’Anguille européenne est un poisson amphihalin catadrome : elle passe donc la majeure partie de sa vie en eau douce ou saumâtre avant de regagner la mer pour se reproduire. Elle est capable de s’adapter à d’importantes variations de température et de salinité, ce qui lui permet de coloniser de nombreux milieux aquatiques continentaux tels que les estuaires, les cours d’eau et les marais littoraux. Cette plasticité rend son aire de distribution très vaste. Cette dernière s’étend de son unique lieu de ponte présumé, dans la mer des Sargasses, une région de l’océan Atlantique située à environ 6 000 km des côtes européennes, jusqu’en Europe et au nord de l’Afrique.
Depuis les années 1980, la population d’anguille connaît un déclin drastique. Le recrutement continental des civelles a chuté de 90-99% et les stocks d’anguilles ont été divisés par dix. Face à cette situation critique, l’espèce a été inscrite en 2007 à l’annexe II de la CITES pour réguler son commerce et a été classée en danger critique d’extinction depuis 2008 en France et dans le monde par l’UICN. Au niveau européen, le règlement (CE) n°1100/2007 impose à chaque état membre l’élaboration d’un Plan de Gestion Anguille visant à rétablir une biomasse de géniteurs équivalente à 40 % de celle qu’aurait produit une population sans déclin.
L’estuaire de la Seine, long de plus de 160 kilomètres est matérialisé en limite de marée dynamique par l’ouvrage de Poses, pourvu en rive droite d’écluses de navigation, et en rive gauche d’une usine hydroélectrique, lesquelles sont chacune équipées de passes à poissons et de dispositifs de franchissement spécifiques à l’anguille. Ces dispositifs sont complétés par un système de piégeage pouvant accueillir une à une les différentes vagues migratoires de l’espèce en montaison. Le système de piégeage présent en rive gauche nécessite plusieurs relèves par semaine (comptage et biométrie des anguilles avec une relâche à l’amont). Le système de piégeage rive droite a été rénové fin 2025 avec l’installation d’un compteur automatique d’anguilles fonctionnement par intelligence artificielle (système SICAAV par Hizkia Informatique), ce dispositif nécessite une seconde année de calibration (comparaison entre le flux réel et le flux comptabilisé par IA) notamment pendant les pics de migrations intenses afin de valider le fonctionnement et valider les effectifs d’anguilles comptabilisés. (Cf. Rapport de 1ère année de calibration).En parallèle de ces comptages en Seine, un nouveau dispositif de piégeage/comptage devra être développé, installé et relevé régulièrement sur un fleuve côtier normand (La Béthune), à proximité d’une station de comptage. Ce matériel nécessitera un temps de cocréation/réflexion/amélioration en collaboration avec l’équipe.