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Fédérer les acteurs sur l’enjeu des eaux souterraines en Adour Garonne

Page mise à jour le 16/03/2026

Le contenu de cet article se base sur la publication de la plateforme des Bonnes pratiques pour l'eau du grand Sud-Ouest.

En 2018, l’Institution Adour, en collaboration avec le BRGM, a entrepris une prospective participative originale sur le bassin de l’Adour (qui couvre plusieurs départements : les Landes, le Gers, les Pyrénées-Atlantiques, et les Hautes-Pyrénées) pour répondre à un défaut d’engagement des acteurs du territoire dans la planification de la gestion des eaux souterraines, notamment celle des aquifères captifs à grande inertie. Ces aquifères réagissent lentement aux changements, leur recharge et renouvellement peuvent ainsi être limités. Le but de l’action était de fédérer les acteurs locaux autour de la prise de conscience de la ressource et des enjeux, et de faire émerger une concertation durable pour la gestion des nappes profondes.

Les enjeux autour des nappes profondes sont nombreux :

  • Elles constituent une ressource stratégique et sont soumises à des contraintes de disponibilité, de qualité, et de recharge naturelle. Elles sont également vulnérables aux effets du changement climatique et aux usages anthropiques.
  • Le manque d’engagement ou de coordination des acteurs territoriaux rend la gestion des nappes moins efficace. Il y a un besoin d’anticipation, de partage des connaissances, et de gouvernance.
  • Pour les nappes « à grande inertie », les décisions et les impacts sont différés dans le temps, ce qui nécessite une stratégie de long-terme et une mobilisation durable des acteurs.

Les clés du succès de la démarche se sont manifestées à travers :

  • La mise en place d'espaces de concertation et de gouvernance qui associent tous les types d’acteurs (collectivités, usagers, etc.), pour que la gestion des eaux souterraines ne soit pas seulement technique mais aussi sociale et politique.
  • L'établissement d'une compréhension commune de la ressource (cartographie, diagnostics, partage d’information) afin que les décisions locales se fassent avec les bons repères.
  • L'intégration de la gestion des nappes profondes dans les documents de planification territoriale et dans les politiques de l’eau, plutôt que les considérer comme un « stock invisible ».
  • La prise en compte la longue inertie de ces systèmes, ainsi que des effets cumulés des prélèvements, des usages et du climat, pour adopter des mesures adaptatives.
  • Le développement d'une vision « territoriale » de l’eau souterraine, interconnectée avec la surface, les usages agricoles, l’urbanisme, etc., plutôt qu’une gestion cloisonnée.

Cette démarche, importante pour le territoire, a aidé à structurer une dynamique locale autour de la gestion durable des nappes profondes sur le bassin de l’Adour, ce qui est précieux face aux défis hydriques à venir (sécheresses, pression sur la ressource, changement climatique). Elle montre que la mobilisation des acteurs est non seulement une question technique mais aussi de gouvernance, d’appropriation, et de vision collective.

Thèmes
Concertation,Gestion quantitative,Structures et compétences,Eaux souterraines
Libellé de la structure à contacter
Plateforme des bonnes pratiques pour l’eau du grand Sud-Ouest
Crédits image
Institution Adour