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[Café Gest'eau] Quelles solutions d'adaptation fondées sur la nature pour la gestion quantitative de l'eau ?

Page mise à jour le 23/02/2026

Submitted byMarion HASSE on23/02/2026

Lors du Café Gest'eau du 6 février 2026, des discussions ont eu lieu au sujet de potentielles solutions alternatives aux infrastructures grises pour remédier au déficit chronique d'eau sur le bassin versant de la Vire. En effet, le projet envisagé à ce jour par les élus consiste en la construction d'un barrage dans la partie amont du bassin versant, dans l'optique unique d'assurer les besoins futurs en eau potable du bassin.

Ce café cherchait à identifier des retours d'expérience similaires dans d'autres bassins afin de répondre aux questions suivantes :

  • Est-il possible de quantifier les bénéfices apportés par les Solutions fondées sur la nature sur le volet quantitatif de la gestion de la ressource en eau ?
  • Comment convaincre des élu·es d’un syndicat avec une vision très centrée sur l’eau potable de l’intérêt de telles solutions ?

Bonjour à toutes et tous,

Voici une synthèse des échanges qui ont eu lieu pendant le Café Gest’eau du 6 février 2026 pour apporter des éléments de réponse aux problématiques posées par le SAGE de la Vire.

Contexte de la question au niveau du bassin versant de la Vire :

Dans ce bassin versant, la ressource en eau est principalement superficielle (contexte de socle armoricain), avec des cours d’eau rectifiés et comportant de nombreux seuils. La rivière de la Vire est très réactive face aux précipitations.

Le bassin versant est déficitaire (imports de 2 autres bassins limitrophes), ce qui a été accentué lors de la sécheresse de 2022, très marquée et marquante sur le territoire. Le SAGE de la Vire, approuvé en 2019, est actuellement en révision pour intégrer de nouvelles thématiques, notamment la gestion quantitative de la ressource en eau. Ainsi, une étude des volumes prélevables a été lancée en février 2025 et les résultats seront disponibles fin 2027.

En parallèle, le syndicat d'eau potable situé à l’amont du bassin (qui n’a pas la compétence GEMAPI, et a donc une vision très centrée sur l’eau potable uniquement) a réalisé un schéma directeur pour évaluer les besoins futurs en eau potable (prospective sur le scénario le plus pessimiste du GIEC) et trouver des solutions pour les couvrir. Les solutions retenues par les élus suite à cette étude sont la rehausse d'un barrage existant, mais aussi un projet de création d'un second barrage de 50 hectares à 6 kilomètres de la source, qui impacterait environ 20 hectares de zones humides. Ce nouveau barrage servirait à sécuriser la ressource du barrage existant réhaussé, qui est suffisante pour couvrir les besoins futurs estimés, mais vulnérable en cas de contamination ou autres problèmes techniques. Une étude environnementale est en cours pour évaluer l’impact de ce projet.

Ce projet de barrage est incompatible avec les règles du SAGE. Il conviendrait d'envisager d'autres solutions alternatives à ce nouveau barrage, telles que des solutions fondées sur la nature, et recherche des retours d’expériences. Une de ses difficultés pour défendre ces solutions potentielles est qu’il n’y a pas de données pour quantifier leurs bénéfices sur la ressource en eau (ainsi que tous leurs co-bénéfices) de manière fiable, contrairement à des solutions grises, comme les barrages.

D’autres solutions, qui ont été mentionnées dans le schéma directeur mais vite écartées, sont les interconnexions, la création de nouveaux forages ou la réouverture de captages abandonnés, et la sobriété hydrique avec très peu de marge à gagner sur le rendement des réseaux.

Les différentes approches suggérées pour défendre des solutions alternatives :

  1. S’appuyer sur la règlementation relative aux zones humides et en particulier les règles du SAGE. Il faut positionner le SAGE dans une vision intégrée (et non juste eau potable).
  2. Ouvrir la problématique au-delà de l’eau potable, car les conséquences d’un barrage vont largement au-delà de cette problématique
  • Problématique inondations : les solutions fondées sur la nature offrent un coût plus faible et une protection plus large sur l'ensemble du bassin versant par rapport à des solutions comme des barrages.
  • Problématiques environnement et hydrologie : un barrage a des impacts négatifs sur l’environnement et sur l’hydrologie de tout le bassin versant concerné et cela peut même accroitre le déficit quantitatif à moyen/long terme.
  • Problématique de l’urbanisation : possibilité de limiter l’évolution démographique sur les zones les plus tendues en posant des contraintes sur le PLU, cela existe déjà dans certains territoires où la ressource est insuffisante.
  • Faire le lien avec le soutien d’étiage des cours d’eau
  1. La sécurisation des ressources en eau du barrage existant devrait passer par un autre type de solution (utiliser l’appui de l’ARS sur ce point). En effet, un autre barrage serait soumis aux mêmes aléas que le premier, avec les mêmes risques de contamination ou problèmes techniques. Par exemple : forages souterrains, REUT (réutilisation des eaux usées traitées).
  2. S’appuyer si possible sur les services de l’Etat (DDT(M), ARS), ainsi que sur l’Agence de l’eau, qui peuvent apporter leur soutien et recadrer.
  3. Avancer le problème des coûts : coûts de la compensation à réaliser sur les 20ha de zones humides qui seront engloutis notamment, coût de maintenance au long terme, etc.
  4. Classifier des ressources en eau potable comme ressources stratégiques, zones de sauvegarde : peut faciliter la communication avec les élus et justifier des mesures de protection, et facilite l’intégration dans les documents d’urbanisme.
  5. S’intéresser aux marges de restauration et à la capacité de rétention en amont du barrage existant en s’associant avec les acteurs gémapiens du territoire
  6. Sensibiliser les élus et les syndicats d’eau potable aux problématiques du grand cycle de l’eau, au-delà du petit cycle, bien connu. Les sensibiliser également sur les SfN et notamment tous les bénéfices écosystémiques qui vont bien au-delà de l’impact positif sur la quantité d’eau disponible (qualité de l’eau, biodiversité, fraicheur, etc.), en se basant en particulier sur des retours d’expérience.
  7. Créer des fiches argumentaires comparatives sur les solutions de gestion des eaux possibles sur le bassin.
  8. Intégrer dans l’étude EVP en cours portée par la CLE, toutes les solutions techniques issues de l’étude AEP afin qu’elles puissent être resituées parmi les autres usages et le besoin des milieux.

Ressources partagées sur le sujet :

 

Soumis par Marion HASSE le 23/02/2026Permalien

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